La mise à jour en temps opportun des évolutions relatives à l’impôt sur les sociétés (IS) ne permet pas seulement aux entreprises de se conformer aux exigences légales, mais constitue également un facteur clé pour optimiser les coûts et maîtriser les risques financiers.
Avec la promulgation du Décret 320/2025/ND-CP, de la Circulaire 20/2026/TT-BTC ainsi que des orientations prévues dans la Lettre officielle 720/CST-TN, de nombreux contenus liés aux contribuables, aux revenus imposables, au report des pertes et aux taux d’imposition ont fait l’objet d’ajustements importants. Le présent article synthétise l’ensemble des nouveautés essentielles sous un angle expert afin d’aider les entreprises à bien comprendre et à appliquer efficacement ces dispositions.
1. Élargissement du champ des contribuables : renforcement du contrôle sur les plateformes numériques et le commerce électronique
L’un des changements les plus notables est l’élargissement des personnes assujetties à l’impôt sur les sociétés, en particulier dans le contexte du développement rapide de l’économie numérique.
Selon la nouvelle réglementation, les entreprises étrangères exerçant des activités au Vietnam via :
-
des plateformes de commerce électronique ;
-
des plateformes numériques ;
-
ou toute autre forme d’activité en ligne ;
doivent s’acquitter de l’impôt sur les revenus générés au Vietnam.
Par ailleurs, la réglementation introduit également des entités tenues de payer l’impôt pour le compte d’autrui, notamment :
-
les opérateurs de plateformes de commerce électronique ;
-
les gestionnaires de plateformes numériques ;
-
les sociétés de gestion de fonds d’investissement en valeurs mobilières.
Il convient de noter que la notion d’« établissement stable » a été élargie pour inclure les plateformes numériques dès lors qu’elles génèrent des revenus au Vietnam.
Cette évolution vise à lutter contre les pertes fiscales dans le domaine de l’économie numérique. Les entreprises ayant des activités numériques ou des éléments transfrontaliers doivent réexaminer leur modèle économique afin d’identifier leurs obligations fiscales.
2. Clarification des revenus imposables : éviter les erreurs dans les opérations sur le capital
La nouvelle réglementation apporte des précisions concernant les revenus imposables issus des cessions de capital.
Plus précisément :
-
Les revenus provenant de la cession de capital ou de titres n’incluent pas les montants directement liés à l’augmentation ou à la diminution des capitaux propres ;
-
Les activités de cession de capital des entreprises étrangères comprennent :
-
les cessions directes ;
-
les cessions indirectes.
Ces clarifications sont particulièrement importantes dans les opérations de fusion-acquisition (M&A) ou de restructuration d’entreprise, afin d’éviter toute mauvaise interprétation et toute déclaration fiscale erronée.
3. Modification des principes de compensation des revenus : impact direct sur la planification fiscale
Un changement à la fois technique et significatif concerne la compensation des revenus imposables au cours d’une période fiscale.
Selon la nouvelle réglementation, les entreprises peuvent compenser les revenus issus de :
-
la cession de biens immobiliers ;
-
la cession de projets d’investissement ;
-
la cession de droits de participation à des projets ;
avec les pertes provenant des activités de production et d’exploitation.
Cependant, une exception importante est prévue :
Cette disposition a un impact direct sur les stratégies d’allocation des bénéfices et d’optimisation fiscale, notamment pour les entreprises ayant des activités diversifiées.
4. Ajustement des règles de report des pertes : nécessité de revoir les données historiques
Le nouveau décret supprime les dispositions antérieures relatives au report séparé des pertes pour les activités de cession immobilière et de projets d’investissement.
Désormais :
-
Les pertes survenues avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles peuvent continuer à être reportées pendant la durée restante autorisée ;
-
Toutefois, les pertes issues des activités de cession ne peuvent pas être compensées avec des revenus bénéficiant d’avantages fiscaux.
Ce point peut entraîner des erreurs si les entreprises :
5. Mise à jour des taux d’imposition en 2026 : différenciation selon le chiffre d’affaires
Selon la réglementation actuelle, les taux de l’impôt sur les sociétés en 2026 sont les suivants :
-
Taux standard : 20 % ;
-
Taux de 15 % : applicable aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 3 milliards VND ;
-
Taux de 17 % : applicable aux entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre plus de 3 milliards et 50 milliards VND.
Le chiffre d’affaires servant de base comprend :
Cas particuliers :
-
Les entreprises ayant une activité inférieure à 12 mois doivent annualiser leur chiffre d’affaires ;
-
Les entreprises nouvellement créées peuvent appliquer provisoirement un taux basé sur le chiffre d’affaires prévisionnel, avec ajustement lors de la liquidation ;
-
Les entreprises liées ou filiales peuvent ne pas être éligibles aux taux préférentiels (15 % ou 17 %).
Secteurs spécifiques :
Une mauvaise détermination du chiffre d’affaires peut entraîner un sous-paiement de l’impôt et des pénalités de retard.
6. Période d’imposition : flexibilité sous condition de notification
Les entreprises peuvent choisir :
Toutefois, si elles optent pour un exercice fiscal différent, elles doivent :
Pour certaines entités spécifiques, la période d’imposition est déterminée conformément à des réglementations particulières.
Cette flexibilité nécessite néanmoins cohérence et transparence dans la gestion comptable.
7. Quelles actions immédiates pour les entreprises ?
Face à ces évolutions, les entreprises doivent :
-
Revoir leur modèle économique, en particulier en présence d’activités numériques ou transfrontalières ;
-
Vérifier la classification des revenus issus de cessions de capital ;
-
Mettre à jour les politiques de compensation des profits et pertes et assurer un suivi distinct ;
-
Déterminer précisément le chiffre d’affaires pour appliquer le bon taux ;
-
Structurer les dossiers et les données pour être prêtes en cas de contrôle fiscal.
Conclusion
Les changements introduits par le Décret 320/2025/ND-CP et la Circulaire 20/2026/TT-BTC témoignent d’une tendance vers une gestion fiscale plus rigoureuse, notamment dans les domaines émergents tels que l’économie numérique et les transactions transfrontalières.
Pour les entreprises, bien comprendre et appliquer ces règles ne permet pas seulement de se conformer à la loi, mais constitue également un levier essentiel pour construire une stratégie financière durable et réduire les risques fiscaux à long terme.
Viet Australie
Viet Australia Auditing Company est un organisme d'audit indépendant agréé et créé en 2007 en République socialiste du Vietnam.