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La saison de clôture fiscale de l’exercice financier 2025 est arrivée

Alors que l’attention des entreprises se concentre généralement sur le chiffre d’affaires et les charges, une « vague invisible » appelée transactions liées (Transfer Pricing) est devenue le point central des contrôles fiscaux spécialisés.

Fort de son expérience pratique dans l’accompagnement et la défense fiscale de centaines d’entreprises FDI et de groupes nationaux, Viet Australia Auditing met en lumière les principaux « angles morts » que les entreprises doivent impérativement examiner avant le dépôt de leur déclaration fiscale.

1. Contexte des contrôles fiscaux 2024–2025 : un changement de paradigme, de la « forme » vers le « fond »

Auparavant, l’administration fiscale se concentrait principalement sur la complétude formelle des déclarations (Formulaires 01, 02, 03 et 04 conformément au Décret 132/2020/ND-CP).

Cependant, au cours des deux dernières années, l’approche des contrôles fiscaux a profondément évolué.

Les équipes d’inspection mettent désormais l’accent sur le principe fondamental de « la substance prime sur la forme » (Substance over Form).
Autrement dit, même si les contrats sont juridiquement parfaits et que les factures sont complètes, si la transaction ne génère pas de bénéfice économique réel ou si les prix ne respectent pas le principe de pleine concurrence (Arm’s Length Principle), le risque de redressement fiscal est extrêmement élevé.

Ci-dessous figurent les quatre risques cachés les plus fréquemment constatés lors des contrôles fiscaux réels.

Risque n°1 : Des pertes chroniques malgré un rôle de simple fabricant ou sous-traitant

Scénario courant : une filiale au Vietnam enregistre des pertes sur plusieurs exercices consécutifs, invoquant la volatilité du marché, la hausse des coûts des matières premières ou une phase d’investissement initiale.

Toutefois, l’administration fiscale émettra de sérieux doutes si le profil fonctionnel de l’entreprise est qualifié de fabricant sous contrat (Contract Manufacturer) ou de distributeur à faible risque.

  • Point de vue de l’administration fiscale :
    Une entité de sous-traitance qui ne supporte ni le risque de stock, ni le risque de marché, et dont les ventes sont garanties par la société mère, est censée dégager une marge bénéficiaire positive et stable.

  • Conséquence :
    Les pertes déclarées sont rejetées, et l’administration procède à une réévaluation du résultat imposable sur la base de ses bases de données sectorielles internes, généralement bien supérieures à la réalité économique de l’entreprise.

Recommandation :
Si votre entreprise continue d’enregistrer des pertes en 2025, il est impératif de revoir immédiatement le modèle opérationnel décrit dans le Local File.
Les pertes doivent être justifiées par des causes objectives et quantifiables (pandémie, catastrophes naturelles, événements de force majeure…), accompagnées de preuves chiffrées concrètes, et non de simples explications générales.

Risque n°2 : Les frais de services intra-groupe (Management Fees) – le « talon d’Achille » des charges déductibles

Les frais de gestion régionale, de support technique ou les redevances (royalties) versés à la société mère figurent parmi les postes les plus examinés et les plus fréquemment réintégrés lors des contrôles fiscaux.

L’erreur classique des entreprises consiste à ne fournir que :
Contrat + Facture + Preuve de paiement.

Pour l’administration fiscale, cela est insuffisant.
Pour être admises en charges déductibles à l’impôt sur les sociétés, ces dépenses doivent réussir le test des “3 niveaux” :

  • Le service a-t-il réellement été fourni ?
    (preuves : e-mails, comptes rendus de réunions, rapports de conseil, déplacements d’experts au Vietnam, etc.)

  • Le service apporte-t-il une valeur ajoutée économique ?
    (l’entreprise avait-elle réellement besoin de ce service pour générer son chiffre d’affaires ?)

  • Le service n’est-il pas redondant ?
    (ex. : pourquoi payer un service RH au groupe alors qu’un directeur RH est déjà en poste au Vietnam ?)

Risque n°3 : Une base de comparables (benchmarking) peu fiable

  • Lors de l’établissement du Local File, la sélection d’entreprises indépendantes comparables est une étape déterminante.

  • Le risque survient lorsque l’entreprise (ou un conseiller peu expérimenté) sélectionne des sociétés non comparables en termes de taille, de secteur ou de fonctions, dans le but de tirer artificiellement la marge cible vers le bas.

  • Si l’administration fiscale rejette les comparables retenus par l’entreprise, elle appliquera alors sa base de données interne confidentielle. Dans ce cas, l’entreprise perd toute capacité de négociation et se voit imposer un résultat fiscal défavorable.

Risque n°4 : L’oubli du plafonnement des charges d’intérêts (EBITDA) selon le Décret 132

Bien que la règle limitant les charges d’intérêts nettes à 30 % de l’EBITDA soit en vigueur depuis plusieurs années, des erreurs subsistent, notamment dans :

  • la détermination des intérêts nets,

  • l’identification des transactions liées.

De nombreux directeurs financiers pensent à tort :
« Nous n’avons que des emprunts bancaires, aucun prêt intra-groupe, donc aucun risque ».

En pratique, cette hypothèse est souvent incorrecte.

2. PLAN D’ACTION

La date limite de dépôt de la déclaration des transactions liées et de la documentation de prix de transfert est fixée à 90 jours après la clôture de l’exercice financier, soit le 30 mars 2026.

Actions immédiates recommandées aux CEO et CFO :

  • Étape 1 : Revoir l’ensemble des relations de prêts, d’emprunts et de garanties afin d’identifier correctement les parties liées.

  • Étape 2 : Estimer les résultats prévisionnels de 2025. En cas de marge faible ou de pertes, préparer une analyse économique solide (Economic Analysis) pour défendre les chiffres déclarés.

  • Étape 3 : Préparer la documentation à trois niveaux (Local File, Master File, CbCR) avant la finalisation fiscale. L’établissement de dossiers a posteriori, après le 30 mars, est considéré comme une non-conformité et peut entraîner de lourdes sanctions administratives.

Les transactions liées constituent un véritable labyrinthe juridique et fiscal.

La conformité ne permet pas seulement d’éviter des pénalités importantes, mais renforce également la crédibilité de l’entreprise auprès de l’administration fiscale et des investisseurs.

Chez Viet Australia Auditing, nous ne nous limitons pas à la préparation des dossiers de prix de transfert. Nous proposons des solutions globales de gestion des risques fiscaux.

vietaustralia
Viet Australie
Viet Australia Auditing Company est un organisme d'audit indépendant agréé et créé en 2007 en République socialiste du Vietnam.
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